À la Belle Époque, Bucarest se voulait un petit Paris : sur la Calea Victoriei, l'Athénée roumain, salle de concert à coupole, et dans les rues voisines, des villas aux ferronneries ouvragées en témoignent. Puis Ceaușescu a rasé tout un quartier au sud-ouest du centre pour bâtir le palais du Parlement, masse de marbre au bout d'un boulevard monumental. À mi-chemin, dans Lipscani, l'ancien quartier des marchands, les rues pavées mènent à la petite église de Stavropoleos, à sa cour et à ses pierres tombales sculptées, et le soir, on s'attable dans les caves voûtées : ciorbă, soupe aigre à la crème ; sarmale, feuilles de chou farcies, avec de la mămăligă ; mici grillés à la moutarde.
Au parc Cișmigiu, les retraités jouent aux échecs sous les arbres pendant que les canots font le tour du lac. Au nord, passé l'arc de triomphe de la chaussée Kiseleff, un grand parc borde le lac Herăstrău, et le musée du Village y a remonté des maisons paysannes venues de tout le pays.
L'été est souvent très chaud, et les soirées se passent dehors, jusque tard. L'hiver est froid et venteux, parfois enneigé. Le printemps et le début de l'automne sont doux et lumineux, avant les brumes de novembre.
