Aux portes de Stone Town, on reconnaît qui a bâti chaque maison : linteaux droits gravés de versets pour les familles omanaises, battants cloutés de laiton et sommets arrondis pour les marchands venus d'Inde. Dans les ruelles trop étroites pour les voitures, les scooters klaxonnent entre les murs en pierre de corail, et l'appel à la prière passe d'une mosquée à l'autre. Sur cette île presque entièrement musulmane, on se couvre les épaules et les genoux hors de la plage. À la tombée du jour, dans les jardins de Forodhani, face à la mer, les vendeurs grillent brochettes et poissons et préparent la « pizza de Zanzibar », pâte fine repliée sur de la viande hachée, un œuf et des oignons.
Dans les plantations de l'intérieur, un guide fait sentir le clou de girofle encore vert, la muscade dans son arille rouge, la cannelle, une écorce qu'on détache des branches. Plus au sud, la forêt de Jozani abrite le colobe roux de Zanzibar, qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Sur la côte est, de Paje à Jambiani, les pêcheurs sortent en ngalawa, pirogues à balancier, derrière le récif ; au nord, à Nungwi, où la marée découvre peu, on construit encore des boutres à la main.
Les grandes pluies, la masika, occupent mars, avril et mai, avec des averses longues et lourdes, surtout en avril, quand certains hôtels de la côte ferment. Les petites pluies de novembre et décembre tombent plutôt en orages courts. Le reste de l'année est sec : de juin à octobre, l'air est un peu plus frais et l'alizé tend les ailes des kitesurfeurs à Paje ; janvier et février sont chauds et moites.