Les rochers ronds, gris ou roses selon la lumière, qui bordent les plages de Mahé, de Praslin et de La Digue disent l'origine de ces îles : ce ne sont pas des atolls de corail, mais des morceaux de granit restés au milieu de l'océan Indien. Mahé, l'île principale, dresse ses montagnes couvertes de forêt au-dessus de Victoria, la petite capitale, dont le marché vend thon, bourgeois et poulpe, qu'on retrouve ensuite en cari au lait de coco, avec du fruit à pain.
En bateau, on passe à Praslin, où la vallée de Mai abrite le coco de mer, un palmier dont la noix, énorme et double, a longtemps intrigué les marins. On y guette aussi le perroquet noir, qui ne vit que là et sur l'île voisine de Curieuse, où des tortues géantes d'Aldabra broutent sans se presser. Juste à côté, La Digue se parcourt à vélo, par des routes presque sans voitures, jusqu'à l'anse Source d'Argent, où les blocs roses, creusés de rigoles par la pluie, encadrent le sable.
Le vent choisit la plage. De juin à septembre, l'alizé du sud-est rafraîchit l'air, assèche le ciel et lève la mer sur les côtes exposées, où les algues s'accumulent parfois : on se baigne alors plutôt sur les plages abritées du nord-ouest. De décembre à mars, la mousson du nord-ouest amène un air plus chaud et humide et des pluies franches, parfois longues, et ce sont alors les plages du sud-est qui restent calmes. En avril et en mai, puis en octobre et en novembre, le vent tombe, la mer se calme et l'eau devient très claire pour plonger.
