Madère est une montagne abrupte posée dans l'Atlantique, et pour arroser les pentes, les habitants ont creusé au fil des siècles les levadas, canaux d'irrigation qui suivent les courbes du relief. Des sentiers les longent, parfois au bord du vide, entre lauriers et fougères, et d'autres relient les sommets du centre de l'île, au-dessus des nuages. Au sud, les maisons de Funchal couvrent les pentes au-dessus du port ; au marché des Lavradores, on trouve fruits de la passion et anones, et un téléphérique grimpe jusqu'aux jardins de Monte. À table, l'espada, poisson sabre noir, se sert avec de la banane, et le bolo do caco, pain rond, avec du beurre à l'ail ; on boit la poncha, eau-de-vie de canne au miel et au citron, ou un verre de madère.
À l'ouest de Funchal, les falaises du cap Girão plongent dans l'océan, et au nord-ouest, à Porto Moniz, on se baigne dans des piscines naturelles creusées dans la lave. Sur la côte nord, plus verte, les maisons triangulaires de Santana sont couvertes de chaume. Au large, Porto Santo, l'île voisine qu'on rejoint en ferry, déroule une longue plage de sable blond.
Sur la côte sud, le climat reste doux toute l'année, et l'on se baigne surtout de juin à octobre, quand l'eau se réchauffe. Au printemps, Funchal fête les fleurs, avec un défilé de chars dans les rues. En montagne et sur la côte nord, les nuages restent souvent pris sur les sommets, et l'hiver y est pluvieux.
