Le vent a usé Fuerteventura : ses volcans, très anciens, se sont arrondis, et le sable a gagné les côtes. Au nord, face à l'îlot de Lobos, les dunes blanches de Corralejo descendent jusqu'à une mer turquoise ; au sud, sur la péninsule de Jandía, les plages s'étirent autour de la lagune de Sotavento, que la marée remplit et vide chaque jour, et sur l'autre versant de la montagne, Cofete fait face au large. L'alizé souffle presque sans relâche, et c'est lui qui attire véliplanchistes et kitesurfeurs ; chaque été, une étape de la coupe du monde se court à Sotavento.
L'intérieur est sec, ocre et nu, parcouru de murets de pierre et de troupeaux de chèvres, dont le lait donne le majorero, le fromage de l'île, à la croûte parfois frottée de paprika ou de gofio. Au creux d'un vallon, Betancuria, l'ancienne capitale, porte le nom de son fondateur, Jean de Béthencourt, venu de Normandie ; plus à l'ouest, à Ajuy, des grottes s'ouvrent au ras de l'océan dans des falaises noires.
Le soleil brille presque chaque jour, et l'alizé en fait oublier la force. De juin à septembre, il forcit et tempère la chaleur. D'octobre à mai, l'air reste doux et le vent plus calme, et l'on part marcher dans l'intérieur, même si la mer fraîchit.