Au café, Vienne apprend au visiteur à prendre son temps : personne n'y demande de libérer la table. Le serveur apporte une Melange, le café au lait viennois, sur un petit plateau, toujours avec un verre d'eau, les journaux attendent sur leurs baguettes de bois, et l'on reste sous les lustres aussi longtemps que la conversation le demande. Dehors, la vieille ville se presse autour de la cathédrale Saint-Étienne et de son toit de tuiles vernissées, et le Ring, le boulevard qui a remplacé les remparts, l'entoure de monuments, de l'Opéra au Parlement.
De l'autre côté du Ring, derrière les grands musées d'art et d'histoire naturelle, le MuseumsQuartier occupe les anciennes écuries impériales, et un peu plus loin, les étals de fruits, d'épices et de poissons du Naschmarkt suivent la Wienzeile. Au sud-ouest, les jardins de Schönbrunn, résidence d'été des Habsbourg, montent jusqu'à la Gloriette ; au nord-est, dans le Prater, parc populaire, la grande roue tourne toujours. Et au nord-ouest, le tram mène jusqu'à Grinzing et Nussdorf, où la vigne pousse dans les limites de la ville : on boit le vin blanc de l'année dans les Heurigen, les tavernes des vignerons, sous les arbres.
Le printemps et l'automne sont doux et lumineux, et en septembre, les Heurigen servent le Sturm, un moût en pleine fermentation. L'été est chaud, parfois orageux, et l'on sort le soir sur les quais du canal du Danube. L'hiver est froid et souvent gris, mais les marchés de Noël s'installent sur les places et les bals reprennent dans les palais.
