Des mineurs chinois, envoyés chercher l'étain par un prince malais, sont à l'origine de la ville, et le centre ancien en témoigne : les passages couverts de Petaling Street, dans le quartier chinois, la gare aux arcs mauresques, et la place Merdeka, où l'Union Jack a été descendu à l'indépendance. Au sud du centre, à Brickfields, le quartier indien, le riz se sert sur une feuille de bananier, et au nord, à Kampung Baru, des maisons malaises en bois tiennent encore au pied des tours.
Plus loin, la ville a poussé vers le ciel : les tours Petronas, reliées à mi-hauteur par une passerelle, se visitent jusqu'à leur observatoire, et un peu au sud, Bukit Bintang réunit centres commerciaux et étals de rue ; le soir, Jalan Alor sort ses tables sur la chaussée. Le nasi lemak, riz cuit au lait de coco avec sambal, anchois frits et cacahuètes, se mange à toute heure, avec un teh tarik, thé au lait versé de haut, d'un pichet à l'autre, pour le faire mousser. Hors de la ville, au nord, un escalier peint aux couleurs de l'arc-en-ciel monte vers les Batu Caves, temple hindou logé dans une grotte calcaire, où les macaques guettent les sacs ; pendant Thaipusam, en janvier ou en février, des pèlerins en gravissent les marches chargés d'offrandes.
Si près de l'équateur, il n'y a ni hiver ni été : il fait chaud et humide, et un orage éclate presque chaque après-midi. Les pluies redoublent en avril, puis en octobre et en novembre, quand les moussons changent de sens ; de juin à août, le ciel est un peu plus sec.
