Pour rebâtir la vieille ville détruite pendant la guerre, les Varsoviens se sont appuyés sur des relevés anciens et, entre autres, sur les vues de Bellotto, dit Canaletto, qui avait peint la ville avec une précision d'architecte. Les façades colorées de la place du Marché, les ruelles et les remparts de brique ont été reconstruits à l'identique. De là part la voie royale, qui file vers le sud entre les églises et les palais de Krakowskie Przedmieście et de Nowy Świat, jusqu'au parc Łazienki : le palais sur l'eau s'y reflète dans son étang, et le dimanche, en été, des pianistes jouent Chopin en plein air.
À l'ouest, le centre moderne s'est reconstruit autour du palais de la Culture et de la Science, cadeau de Staline, et dans l'ancien quartier ouvrier de Wola, le musée de l'Insurrection retrace le soulèvement de la ville contre l'occupant. De l'autre côté de la Vistule, Praga, moins touchée, a conservé ses immeubles d'avant-guerre et leurs cours intérieures, où ateliers et bars ont pris place, et ses plages de sable s'animent dès les beaux jours. Dans le centre comme à Praga, quelques bars à lait, ces cantines populaires que l'époque communiste a multipliées, servent encore des pierogi farcis de viande, de fromage ou de fruits, et le żurek, une soupe aigre.
L'été, lumineux, se passe au bord du fleuve. L'hiver est rude, sous la neige certains jours, et en décembre, la vieille ville accueille son marché de Noël. Au printemps et au début de l'automne, il fait doux, et l'on s'attarde en terrasse sur la place du Marché.
